Gluten et grains
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1 Qu’est-ce que le gluten?

2 Où se trouve le gluten

3 Les dérivés du blé, de l'orge et du seigle

4 Utilisation ou éviction des différents végétaux

5 Contenu en gluten des différents grains

6 Éléments de taxonomie de quelques plantes

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Quels végétaux contiennent du gluten ?

Seuls le blé (froment, kamut, triticale, épeautre…), le seigle et l’orge ont une toxicité démontrée au cours de la maladie cœliaque (et de la dermatite herpétiforme) et doivent être exclus du régime sans gluten.
La toxicité de l’avoine était unanimement admise depuis les années 1950; elle a été infirmée depuis 1995 par de nombreuses études.

Toutes ces céréales appartiennent à une même famille de végétaux, les graminées.

D’autres végétaux sont encore mis en cause par certaines associations (en particulier la CSA américaine).
La discussion de leur éventuelle toxicité est différente selon qu’il s’agisse de plantes proches du blé ou non: ce risque est en effet élevé pour des plantes de la même famille que le blé, improbable pour des végétaux d’autres familles du fait de l’éloignement génétique.

 

Les graminées

Les différentes espèces de blé (froment, l’épeautre, le kamut, engrain) et la triticale
Le nom scientifique du blé (ou froment) de la farine de pain est Triticum aestivum (genre = Triticum ; espèce = aestivum).
Toutes les espèces appartenant au genre Triticum, sans exception (y compris celles qui sont présentées comme pauvre en gluten, voire sans gluten), contiennent des prolamines de type a-gliadine et présentent une toxicité chez le patient cœliaque. 
C’est le cas en particulier de l’épeautre (Triticum spelta), du kamut (Triticum polonium), de l’engrain (ou petit épeautre, ou einkorn) (Triticum monococum).
Il faut ajouter à la liste de ces plantes la triticale, qui est un hybride de blé et de seigle, créé par génie génétique.

La responsabilité de toutes ces espèces dans la maladie cœliaque est clairement démontrée et unanimement admise. 

L’exclusion de ces céréales dans le régime sans gluten doit être stricte.

Le gluten du blé confère à sa farine des qualités élastiques indispensables à la fabrication d’un bon pain : les espèces de blé riches en gluten auraient été pour cette raison progressivement sélectionnées par l’homme au cours de l’évolution.

Le seigle et l’orge
Le seigle (Secale cereale) et l’orge (Hordeum vulgare), même s’ils sont génétiquement plus éloignés du Triticum aestivum que le kamut ou l’épeautre, contiennent des prolamines de structures proches de l’a-gliadine (sécaline pour le seigle, hordénine pour l’orge) et ont une toxicité indiscutée. Ils sont à exclure du régime sans gluten.

L’avoine
Sa toxicité au cours de la maladie cœliaque avait été évoquée en même temps que celles du blé, de l’orge et du seigle, par le pédiatre Hollandais Dicke, dans les années 1950. Elle n’a été remise en cause que depuis 1995, mais il semble actuellement prouvé que l’avoine pur ne soit à l’origine d’aucune réaction intestinale. Ceci est d’ailleurs en accord avec le fait que l’avoine soit génétiquement plus proche du maïs et du riz (plantes saines pour le cœliaque) que du blé. 
Toutefois, du fait des rotations de cultures (cultures en alternance, dans les mêmes champs de blé et d’avoine), de l’utilisation de matériels de récolte et de stockage, il est impossible de garantir l’absence de contamination de l’avoine par le blé, même si elle est probablement minime. 
Par ailleurs, selon certaines études, les prolamines de l’avoine (avénines) pourraient anormalement activer certaines cellules immunitaire (lymphocytes T) présentes dans la muqueuse intestinale chez le patient cœliaque. 
Ceci conduit la plupart des associations à continuer d’exclure l’avoine du régime sans gluten.(cf le Tableau des
conseils d'utilisation ou d'éviction de différents végétaux dans le régime sans gluten)
Certains sont moins prudents et proposent de n’exclure cette céréale qu’au début du régime, et de la réintroduire secondairement, au cas par cas, quitte à contrôler les biopsies duodénales de façon systématiques dans l’année qui suit.

Les autres graminées
Maïs et riz
Leur absence de toxicité au cours de la maladie cœliaque (et de la dermatite herpétiforme) est démontrée et admise par tous.
Leurs produits dérivés (farines…) constituent d’excellentes solutions de substitution du blé.

Millet, sorgho, herbe de Job, Ragi, Teff, canne à sucre
Ces céréales sont génétiquement plus proches du riz et du maïs que du blé. Il est logique de penser qu’à l’image de ces derniers, elles ne présentent pas de toxicité au cours de la maladie cœliaque. 
Toutefois, ceci ne pourrait être démontré que par des études contrôlées. Un risque théorique de contamination de ces céréales par le blé existe également. L’utilisation de ces céréales chez le cœliaque est donc presque plus affaire d’opinion que de fait scientifique démontré. Ceci conduit la plupart des associations à ne pas se prononcer, et à autoriser sous réserve leur utilisation dans le régime sans gluten.

Toxicité des autres végétaux
Certains, et en particulier la Celiac Sprue Association américaine évoquent une toxicité de la quinoa, du sarrasin (ou blé noir) et de l’amarante, qui ne sont pourtant pas des graminées.
Les arguments invoqués sont le rapport de nombreuses autres "intolérances" chez le cœliaque, et le manque d’étude à propos de ces végétaux. 
Ils sont donc déconseillés au nom du principe de précaution (cf. "Grains and Flours", sur le site de la Celiac Sprue Association.

Le problème est que le régime sans gluten est déjà extrêmement restrictif, et les interdictions de la quinoa et du sarrasin, qui peuvent constituer d’excellents substituts de farine de blé, doivent être motivées.
Comme dans le monde animal, il existe dans le monde végétal de très importantes différences génétiques. Deux plantes à fleurs peuvent, sur le plan de leurs gènes, se ressembler autant qu’une chenille et un sanglier.
Les botanistes classent les différents végétaux suivant un arbre schématiquement reproduit dans le tableau des Éléments de taxonomie de quelques plantes...
On comprend en l’observant que la quinoa, le sarrasin et l’amarante appartiennent à une sous-classe (dicotylédons) et donc à des familles de végétaux génétiquement très éloignées de celle du blé (sous-classe des monocotylédons).
Les réactions d’intolérance décrites avec ces végétaux sont sûrement réelles et nombreuses, mais sans rapport avec la maladie cœliaque elle même. Toute protéine, végétale ou animale peut être en effet à l’origine de manifestations allergiques (intolérance aux protéines du lait de vache, allergie aux arachides…). Il existe de plus de nombreuses intolérances digestives de mécanisme non allergique. Par exemple, le sarrasin contient un agent photosensibilisant pouvant être (rarement) responsable d’éruptions cutanées après une exposition solaire. Il possède de plus d’importantes quantités d’acide oxalique (comme la quinoa, l’amarante, les épinards ou l’oseille), responsable de diarrhées, ce qui conduit d’ailleurs à déconseiller ces légumes chez le jeune enfant.

Il semble donc abusif d’interdire à l’ensemble des cœliaques certains aliments sous prétexte que ceux-ci peuvent être à l’origine de manifestations d’intolérance chez certains d’entre eux (comme d’ailleurs dans le reste de la population générale), suivant des mécanismes physiopathologiques sans rapport avec la maladie cœliaque.

 

Conclusion

 

Les différents blés (dont l’épeautre, le kamut et tous les autres Triticum), le seigle et l’orge présentent une toxicité clairement démontrée chez le cœliaque.
L’avoine ne semble pas avoir de toxicité propre, mais présente un risque de contamination par le blé.

Le riz et le maïs appartiennent au même genre des graminées, mais ne présentent aucune toxicité chez le cœliaque et doivent être inclus dans le régime sans gluten.

Le millet, sorgho, tef, ragi, et l’herbe de Job sont des graminées, mais suffisamment proches génétiquement du maïs pour dire qu’ils sont probablement sans danger pour le cœliaque. Des études complémentaires sont cependant souhaitables.

Les autres végétaux éloignés génétiquement des céréales, s’ils peuvent être à l’origine de phénomènes ponctuels d’intolérances alimentaires, n’ont aucun effet sur la maladie cœliaque elle même et ne doivent pas être déconseillés dans le régime sans gluten.


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